“Repenser l’écologie”, par Peter KAREIVA et Michelle MARVIER, pour la science 364, 2008
En bref: Pourquoi faut-il protéger les vautours en Inde et en Asie du Sud? Parce que la diminution de trois espèces de vautours a entraîné une augmentation de carcasses, dont se nourrissent les chiens errants, qui du coup prolifèrent, et avec eux la rage.
Ou quand la protection de la nature rejoint celle de l’homme.
Les auteurs de cet article militent pour l’abandon des stratégies dites des points chauds, soit la protection de régions particulières, au profit de stratégies dites des services écologiques, qui tiennent compte de la dépendance des populations de bipèdes à leur écosystème. Dans ce cas, on commence par identifier des écosystèmes menacés et dont la dégradation nuit aux habitants. Les mesures qui s’en suivent doivent concilier l’homme et la nature et donc rencontrer plus facilement l’adhésion du public. Les moyens sont disponibles via les organismes gouvernementaux et les associations de protection de l’environnement.
Bref, l’homme et la nature ne sont pas opposés et l’on peut aider l’un et l’autre dans un même projet.
Commentaire: L’idée est intéressante et développée dans des concepts clairs, peu techniques et illustrée d’exemples probants.
On peut regretter cependant une certaine animosité envers les écologistes (les spécialistes de l’environnement sont d’ailleurs appelés ici écologues) par quelques pointes ou par une absence d’objectivité dans le tableau présentant les deux types de stratégies: y sont développés les avantages des services écologiques et les inconvénients des points chauds (statégie traditionnelle des écolos).
Un style de communication qui n’accèlera par le rapprochement des deux modes de pensées.
Finalement, avec ces projets qui lient nature, société humaine et les profits tirés par cette dernière sur la première, n’a-t-on pas simplement réinventé le Développement Durable et son fondement environnemental, social et économique?