L’évaluation des effets des OGM sur la santé et l’environnement est bâclée,
Interview de Gilles-Eric Séralini
(in La revue durable, n°24 (démographie: objectif partage), p.9-13)
Qui?
Gilles-Eric Séralini est professur de biologie moléculaire à l’Université de Caen et s’intéresse particulièrement à l’impact des polluants sur la santé. Il est également président du conseil scientifique du Comité de recherche de d’information indépendantes sur le génie générique (crii-gen) ainsi que membre de la Comission du Génie Biomoléculaire (CGB), au sein de laquelle il représente un courant minoritaire.
Quoi?
L’interview commence par quelques rappels sur les OGM: actuellement, les OGM cultivés sont pour leurs presque totalité des plantes à pesticides; 68% absorbent une herbicide sans mourir, 19% produisent un insecticide et 13% font les deux à la fois. Il s’agit surtout du soja, du maïs et du coton.
Les brevets déposés sur les gènes articifiels des plantes permettent aux entreprises de posséder le droit de reproduction sur cette plante. Les enjeux financiers sont donc énormes et motivent lespressions faites sur l’OMC.
Vient ensuite le problème de la santé et des expertises scientifiques. Selon Gilles-Eric Séralini, la CBG, dont il fait partie, n’est pas efficace en matière de contrôle sanitaire, notamment en n’étant jamais parvenu à exiger des tests dans les champs voisins des cultures OGM. Selon lui, les chercheurs constituant la CBG sont en majorité favorables aux entreprises, à quelques exceptions près. C’est pour cela qu’il ne se fie plus aux expertises indépendantes et préfère les expertises contradictoires, devant un juge, par exemple. Ce qu’il fait avec le Crii-gen, souvent associé de Greenpeace.
Un exemple: en 2005, Monsanto a été obligée de publier les tests toxicologiques d’un de leur maïs génétiquement modifié, où il apparaissait que des rats nourris avec ce maïs présentaient des taux des globules blancs et rouges anormaux.
Commentaire
Un des intérêts de cet article est qu’il ne polémique pas sur le génie génétique, mais s’intéresse aux herbicides et pesticides produits, ou tolérés par ces plantes. Sélarini rappelle que les pesticides augment les maladies de la reproduction chez les animaux et chez l’homme. Ils favorisent également des maladies telles que cancers ou maladies immunitaires.
L’article est bien structuré et se lit aisément, les encadrés explicatifs allégeant le corps du texte.
Biblio:
SERALINI GILLES-ERIC et PELT JEAN-MARIE, après nous le déluge, Flammarion, 2006
SERALINI GILLES-ERIC, Génétiquement incorrect, Flammarion, 2003
SERALINI GILLES-ERIC, Ces OGM qui changent le monde, Flammarion, 2004