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Connaissez-vous les centrales héliothermodynamiques? Il s’agit de centrales qui créent de l’électricité à partir de la chaleur apportée par les rayons du soleil. Pourtant, il ne s’agit pas de panneaux solaires. Le principe de ces centrales est de réfléchir, à l’aide de miroirs, les rayons de soleil vers des tubes dans lesquels passe de l’eau. Cette eau se transforme en vapeur avec laquelle on peut donc faire tourner une turbine. D’après [1], une telle centrale d’un rayon de 3km serait à peu près aussi puissante que la plus grande centrale nucléaire de suisse, mais beaucoup moins chère et, surtout, ne produisant pas de déchets radioactifs.

De telles centrales sont prévues aux Emirats Arabes Unis [1] ou, plus près de chez nous, sur le lac du barrage d’Isenau [2].

Sur le site d’un producteur de ces îles, on trouve une page expliquant les avantages de sa technologie [3]. On y apprend notamment que, parce qu’elles utilisent un système thermique, elles permettent d’assez bien stocker l’énergie et donc aussi de fournir de l’énergie pendant la nuit.

Je me permets une petite remarque perso: j’ai entendu dire, de source oubliée, que si on recouvrait 1% de la surface du désert du Sahara avec de telles centrales, on arriverait à couvrir les besoins mondiaux actuels en électricité. Je suis peut-être un peu naïf mais, depuis que j’ai entendu parler de cette technologie, je suis redevenu très optimiste sur l’avenir de notre espèce.

Références: (cliquer sur les liens)
[1] L. Burkhalter et U. Teiger, “L’île de la tentation solaire“, Télévision Suisse Romande, 29 novembre 2007.
[2] Fondation SunAlpes.
[3] Solar Islands.

Sous forme d’une interview de deux agronomes, cet article nous parle d’agriculture chimique. Il explique les raisons de l’utilisation d’engrais chimique: mauvaise connaissance des sols par les paysans, mauvaise planification politique, conseils donnés par les fabricants d’engrais. Il en montre les conséquences: mort des sols, érosion et pertes de terrains. L’article a un ton très pessimiste, mais malgré la réalité de la gravité de la situation exposée, il existe de nombreuses voies de remédiations à la dégradation des sols. C’est une question de prise de conscience des paysans et des agro-industriels, mais aussi des politiques, et donc de la population.

Référence:
[http] Sophie Divry, “De l’importance des vers de terre“, La Décroissance, 25.03.2008.

Article proposé par Guillaume

d’après l’article “La part du renouvelable dans le ponpage-turbinage” in Energeia, 2, mars 2008, p.6-7
En bref: Quelle est la part d’électricité d’origine renouvelable produite par une centrale de pompage-turbinage?
Telle est la question que pose cet article. Car à l’heure des AOC, on crée des “garantie d’origine”, pour l’électricité. Aussi faut-il pouvoir en déterminer l’origine.
Facile, quand on parle d’hydroélectricité? Oui… mais non.
Une centrale hydraulique à pompage-turbinage fournit de l’électricité (aux heures de pointe, surtout) grâce à l’eau stocké par un barrage.
Et d’où vient l’eau? De la pluie, de la fonte des neiges et des rivières, mais aussi du pompage depuis un bassin inférieur, ce qui nécessite de l’électricité, nucléaire par exemple. Ce pompage s’effectue pendant le période de basse consommation.
Du coup, pour notre certificat de garantie d’origine, comment faire le calcul de l’électricité “renouvelable”, et de l’éélectricité “non-renouvelable”?
Je laisse aux amateurs le soin d’examiner les quatre propositions exposées dans la suite de l’article, et je soulignerai simplement que le pompage n’ayant pas un rendement de 100%, il n’est pas évident de déterminer sa part dans le production hydroélectrique.

Commentaire: un article assez technique de mon point de vue, mais qui nous rappelle en passant que nos près de 60% de production d’électricité hydraulique ne sauraient se passer du nucléaire ou des énergies fossiles, de ce qu’on nomme généralement l’énergie de bande.

Sous l’étiquette «Energies renouvelables», la banque Raiffeisen propose des actions d’entreprises actives dans le nucléaire, les OGM, les pesticides, et même le pétrole. Au risque d’induire en erreur ses clients sensibles à l’écologie?

Un agriculteur broyard avait demandé à sa banque Raiffeisen des informations sur un placement intitulé “Energies renouvelables” et il trouve, dans ce panier d’actions, des noms d’entreprises tels que Monsanto et Syngenta.

Contactée par L’Objectif, la banque répond que ces entreprises ont des activités dans le domaine des énergies renouvelables, même si elles ont aussi aussi d’autres activités pour lesquelles le rendement financier est le seul moteur. D’autre part, se justifie-t-elle, elle doit composer des paniers d’actions pour toutes sortes de clients, n’ayant des idées très variées sur ce qu’est le “développement durable”.

Mouais, le problème, c’est que les investissements faits dans une entreprise soutiennent l’entreprise entière, pas un secteur choisi par l’investisseur. En ce qui concerne la variété des opinions sur ce qu’est le développement durable, ne serait-ce pas plutôt à la banque de choisir sa définition et de l’afficher clairement?

J’aime bien ma banque Raiffeisen pour gérer mon compte courant. Mais pour ce qui est des investissements, j’avais déjà, avant la lecture de cette article, une plutôt mauvaise opinion suite à une mauvaise expérience; voilà qui ne va pas changer mon opinion. En dehors de ça, je sais que la banque Raiffeisen a une structure assez fédérale. Mais je ne sais pas si ces fonds d’investissements sont proposés par les filiales ou par la banque centrale.

Référence:
Antoinette Prince, “Nucléaire, pétrole et OGM: les placement écologies de Raiffeisen”, L’Objectif 389, page 5, 7-21 Mars 2008.

“Repenser l’écologie”, par Peter KAREIVA et Michelle MARVIER, pour la science 364, 2008

En bref: Pourquoi faut-il protéger les vautours en Inde et en Asie du Sud? Parce que la diminution de trois espèces de vautours a entraîné une augmentation de carcasses, dont se nourrissent les chiens errants, qui du coup prolifèrent, et avec eux la rage.
Ou quand la protection de la nature rejoint celle de l’homme.
Les auteurs de cet article militent pour l’abandon des stratégies dites des points chauds, soit la protection de régions particulières, au profit de stratégies dites des services écologiques, qui tiennent compte de la dépendance des populations de bipèdes à leur écosystème. Dans ce cas, on commence par identifier des écosystèmes menacés et dont la dégradation nuit aux habitants. Les mesures qui s’en suivent doivent concilier  l’homme et la nature et donc rencontrer plus facilement l’adhésion du public. Les moyens sont disponibles via les organismes gouvernementaux et les associations de protection de l’environnement.
Bref, l’homme et la nature ne sont pas opposés et l’on peut aider l’un et l’autre dans un même projet.

Commentaire: L’idée est intéressante et développée dans des concepts clairs, peu techniques et illustrée d’exemples probants.
On peut regretter cependant une certaine animosité envers les écologistes (les spécialistes de l’environnement sont d’ailleurs appelés ici écologues) par quelques pointes ou par une absence d’objectivité dans le tableau présentant les deux types de stratégies: y sont développés les avantages des services écologiques et les inconvénients des points chauds (statégie traditionnelle des écolos).
Un style de communication qui n’accèlera par le rapprochement des deux modes de pensées.
Finalement, avec ces projets qui lient nature, société humaine et les profits tirés par cette dernière sur la première, n’a-t-on pas simplement réinventé le Développement Durable et son fondement environnemental, social et économique?

Grande comme la France, une zone de déchets transportés par les courants a été repérée entre Hawaii et la Californie.

Elle est en plastique. Elle fait la taille de la France. Elle rassemble tous les déchets du Pacifique. On soupçonne l’existence de semblables plaques sur d’autres océans. D’après François Chartier, membre de Greenpeace spécialisé dans la protection des océans, ce sont les courants océaniques autour de la zone qui seraient à l’origine de la concentration des déchets.

À cette information, tirée de Rue89, j’aimerais mettre en parallèle un article de 24heures, qui parle de la politique de gestion des déchets dans la commune d’Échallens.

D’après le municipal Jean-Marc Decrauzat, l’introduction de la taxe au sac a permis de réduire de moitié le tonnage d’ordures ménagères incinérables. Il donne quelques astuces indispensables à la bonne mise en place d’une taxe au sac: dépistage systématique des sacs illégaux, bonne surveillance de la déchetterie et horaires d’ouverture étendus de cette dernière. Outre la diminution du volume d’ordures ménagères, ce sont bien entendu tous les déchets recyclés qui ont augmenté: le compost a augmenté d’environ 2000% (si si!), les capsules Nespresso, dont nous parlions tout récemment, de 67% et le plastique de 500%. Et ce ne sont que des exemples.

La taxe au sac, un impôt inutile de plus? Je crois que c’est surtout une question de volonté politique.

Références:
[http] Ophélie Neiman, “Une mystérieuse  île de déchets dans le pacifique“, Rue89, 02.02.2008.
[wiki]  Chloé Lambert, “La taxe au sac a fait diminuer de moitié les ordures ménagères”, 24heures, 11.02.2008.

De l’air!

Un dossier sur la protection de l’air, publiée dans Environnement, n°4, 2007, p.6-50; très instructif, avec suffisamment d’images et de graphiques, mais qui ne nous noie pas sous les chiffres.

Le premier article (Pollution atmosphérique,il reste beaucoup à faire, par Beat Jordi) fait une sorte de bilan des polluants atmosphérique depuis l’entrée en vigueur, en 1986, de l’OPair. L’OPair est l’ordonnance sur la protection de l’air, en vigueur depuis 1986. C’est elle qui fixe les valeurs limites des polluants.
Côté bonnes nouvelles, les émissions de soufre ont diminué de 85% et 9 des 12 principaux polluants ont un impact inférieur aux normes de l’OPair.
Côté mauvaises nouvelles, les taux d’ammoniac, de poussières fines, d’oxydes d’azote, et d’ozone sont loin d’être maîtrisés. Pour l’ammoniac, une grande part est due à l’élevage tandis que pour les autres polluants atmosphérique, c’est l’augmentation de la mobilité et de la population qui est principalement en cause.
En effet, l’article le souligne, il n’existe plus en Suisse de grops pollueurs dont l’assainissement pourrait plus que compenser la hausses des volumes. Le problème des polluants atmosphériques, c’est la pollution de chaque voiture, de chaque ménage, de chaque entreprise.

Il y a donc encore trop d’ozone et de particules fines. Et alors? Alors, le second article (Effets sur la santé, par Pieter Poldervaart et Beat Jordi), y répond:
en Suisse, 3000 à 4000 personnes meurent chaque année prématurément des suites de la pullution atmosphériques. L’article mentionne trois études qui tendent à montrer le lien systématique entre pollution de l’air et atteintes à la santé. L’une d’elle est européenne (Aphea II) et les deux autres suisses (SALPADIA et une autre étude de l’ISPM).
D’un côté, le long terme, avec le suivi de milliers d’habitants de différentes régions de Suisse; de l’autre, l’effet à court terme, avec l’analyse des admissions aux urgences en lien avec la situation atmosphérique.

Les autres articles du dossier:

Des écosystèmes mis à mal: après l’effet sur l’homme, l’effet sur la nature
L’air vicié du Tessin: La région à l’air le plus pollué a besoin de dispositions locales et transnationales
Les TP montrent la voie: quand les villes choissisent le tram ou le trolley
Les voitures propres privilégiées: une nouvelle étiquetteEnvironnement pour vous aider à choisir
Les filtres à particules s’imposent: engins de chantier, tracteurs… aux filtres!
La responsabilité des avions: aux alentours des aéroports, oxydes d’azote en abondance
Les bonnes pratiques du chauffage au bois: chauffer au bois pour émettre moins de CO2? oui, mais jamais sans filtre!
Pour des bâtiments moins énergivores
Ménager l’air au quotidien: quelques conseils pour rendre l’air plus respirable
La couche d’ozone en convalescence: de moins en moins de substances nocives à la couche d’ozone

http://www.bafu.admin.ch/aktuell/02968/index.html?lang=fr

OGM et santé

L’évaluation des effets des OGM sur la santé et l’environnement est bâclée,
Interview de Gilles-Eric Séralini

(in La revue durable, n°24 (démographie: objectif partage), p.9-13)

Qui?
Gilles-Eric Séralini est professur de biologie moléculaire à l’Université de Caen et s’intéresse particulièrement à l’impact des polluants sur la santé. Il est également président du conseil scientifique du Comité de recherche de d’information indépendantes sur le génie générique (crii-gen) ainsi que membre de la Comission du Génie Biomoléculaire (CGB), au sein de laquelle il représente un courant minoritaire.

Quoi?
L’interview commence par quelques rappels sur les OGM: actuellement, les OGM cultivés sont pour leurs presque totalité des plantes à pesticides; 68% absorbent une herbicide sans mourir, 19% produisent un insecticide et 13% font les deux à la fois. Il s’agit surtout du soja, du maïs et du coton.

Les brevets déposés sur les gènes articifiels des plantes permettent aux entreprises de posséder le droit de reproduction sur cette plante. Les enjeux financiers sont donc énormes et motivent lespressions faites sur l’OMC.

Vient ensuite le problème de la santé et des expertises scientifiques. Selon Gilles-Eric Séralini, la CBG, dont il fait partie, n’est pas efficace en matière de contrôle sanitaire, notamment en n’étant jamais parvenu à exiger des tests dans les champs voisins des cultures OGM. Selon lui, les chercheurs constituant la CBG sont en majorité favorables aux entreprises, à quelques exceptions près. C’est pour cela qu’il ne se fie plus aux expertises indépendantes et préfère les expertises contradictoires, devant un juge, par exemple. Ce qu’il fait avec le Crii-gen, souvent associé de Greenpeace.
Un exemple: en 2005, Monsanto a été obligée de publier les tests toxicologiques d’un de leur maïs génétiquement modifié, où il apparaissait que des rats nourris avec ce maïs présentaient des taux des globules blancs et rouges anormaux.

Commentaire
Un des intérêts de cet article est qu’il ne polémique pas sur le génie génétique, mais s’intéresse aux herbicides et pesticides produits, ou tolérés par ces plantes. Sélarini rappelle que les pesticides augment les maladies de la reproduction chez les animaux et chez l’homme. Ils favorisent également des maladies telles que cancers ou maladies immunitaires.
L’article est bien structuré et se lit aisément, les encadrés explicatifs allégeant le corps du texte.

Biblio:

SERALINI GILLES-ERIC et PELT JEAN-MARIE, après nous le déluge, Flammarion, 2006

SERALINI GILLES-ERIC, Génétiquement incorrect, Flammarion, 2003
SERALINI GILLES-ERIC, Ces OGM qui changent le monde, Flammarion, 2004

Nespresso et les capsules

Nespresso fait beaucoup de publicité autour du recyclage de ses fameuses capsules de café. On s’en doute, ce n’est pas dans un souci profond de protection de l’environnement, mais c’est avant tout une manière de se donner une bonne image. Dans un article de l’Hebdo du 15 novembre 2007, Tasha Rumley nous montre les travers de ce recyclage et les non-dits de Nespresso. En particulier elle y explique que les capsules de type Pro ne sont pas recyclées et que les points de collecte sont mal distribués.

Référence:
[wiki] Tasha Rumley, “Nespresso fait mousser sa fibre écolo”, L’Hebdo n°46, 15.11.2007, p. 70.

Suite à la récente décision de la France d’aider la Lybie à s’approvisionner en énergie nucléaire, le physicien Hubert Reeves explique ses doutes sur le bien fondé de cette décision. En particulier, il analyse la situation d’un point de vue pratique et relève que la désalinisation de l’eau, qui est une des raisons principales invoquées par la Lybie pour se doter de l’énergie nucléaire, est une chose que l’on fait plus facilement avec de l’énergie solaire, surtout dans un pays qui ne manque pas de soleil. D’autre part, il explique que les technique nucléaires, notamment la fameuse 4e génération souvent évoquée par les milieux nucléaires, ne sont pas bien maîtrisées.

Référence:
[http] L’article est consultable en ligne ici sur le site de Rue89 (avec le son pour les parties audio).

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